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Routes du Flamenco à Travers l'Andalousie

source : Andalucía.org, site officiel du tourisme en Andalousie

CIRCUIT N° 1 : CIRCUIT DE LA BAJAÑÍ

Parcours : d’Algeciras à Sanlucar de Barrameda en passant par Jerez de la Frontera

Références : ce circuit a pour objectif de faire connaître les origines de la guitare flamenca

Durée recommandée : 4 jours


Introduction

Bien que les essences créatrices du jeu de guitare flamenco soient dispersées dans l´espace d´un triangle scalène dont les sommets sont tournés vers Madrid, Xérès et Almeria -ou ce qui revient au même, Ramón Montoya, le maître Patiño et Julián Arcas, qui furent les premiers guitaristes dont le jeu était strictement flamenco-, le cadre dans lequel la bajañí (guitare en gitan) a évolué au cours des derniers temps ne va pas au-delà de la côte de Cadix. Pour comprendre la signification évolutive de la sonanta (guitare flamenco), sans perdre de vue l´horizon de sa genèse, il est obligatoire de prendre le soleil sur la plage d´Algésiras de la Bajondilla, d´admirer les frises du cortijo Almoraima, d´écouter le bruit du marteau sur les sarcloirs de la forge de Manuel Monge à Jerez de la Frontera, prendre un verre de fino à l´ombre du quartier de Santiago à Xérès et terminer en mélangeant la manzanilla et les grosses crevettes à Bajo de Guía en écoutant les piliers de la Tauromagia de Sanlucar. Tout y est !


Algeciras, le berceau du génie

Et comme pour n´importe quel voyageur étranger au romantisme futile et fallacieux, les circuits commencent dans les villages et non dans les livres, avec ces quelques lignes nous tenterons de montrer du doigt les lieux où la vérité s´explique toute seule, sans besoin de narrations littéraires annexes. L´habitacle signale la direction du Sud. Rangez vos topiques dans vos bagages. Nous sommes à Algésiras, à moins de 20 kilomètres des terres de Ziryab. Ici est né, au mois de décembre 1947, un homme que le requinto (petite guitare) a transformé en légende: Paco de Lucía. Voilà pourquoi la ballade doit précisément commencer là où le maître a vu le jour, dans l´humble quartier de El Rinconcillo. Pour être plus précis, la maison natale de Francisco Sánchez Gómez se trouve au numéro 7 de la rue San Francisco et c´est là que Paco a appris de son père, Antonio Sánchez Pecino, les jeux de guitare du sévillan Manuel Serrapí, Niño Ricardo, et il a pris la référence de sa mère, une portugaise de Monte Gordo appelée Luzía, pour construire son nom artistique. Une promenade sur les lieux, avec une visite à la maison natale fera comprendre le sacrifice qui fut nécessaire au génie pour sortir d´une situation si limitée. Dans ce quartier, aussi humble qu´accueillant, cohabitent les gitans et les espagnols en totale harmonie, élément qui servit à Paco pour se forger une façon de penser loin des disputes. Mais ce voyage effectue des arrêts dans de nombreux autres ports. Sur la place de l´H´tel de Ville, s´érige une statue du maître sculptée par Nacho Falgueras qui met en relief la dévotion de ses habitants pour le guitariste. Le conservatoire porte également le nom de Paco de Lucía comme en témoigne cet attachement de la part des habitants de sa ville. Enfin, à l´échelle d´Algésiras, il est incontournable de faire une pause pour visiter la Sociedad de Cante Grande, un lieu au sein duquel l´admiration du génie est palpable dans chaque détail, avec des photos, des coupures de presse et des couvertures de disques sur les murs, outre un grand nombre d´amateurs prêts à expliquer l´évolution de l´artiste depuis les années pendant lesquelles le Niño Ricardo et Montoya furent ses références jusqu´aux temps postérieurs avec une influence évidente de Sabicas et Mario Escudero. D´autre part, nous suggérons également, bien que ce ne soit que de façon anecdotique la visite du cortijo La Almoraima, à l´extérieur de la localité, de laquelle Paco s´est inspiré pour composer une bulería avec des influences arabisantes qui est encore aujourd´hui considérée comme l´une des plus belles de l´histoire de la guitare. Mais cette plongée au coeur de la figura de Paco de Lucía ne s´arrête pas à sa ville natale. À quelques kilomètres, à Jerez de la Frontera, le guitariste a laissé l´autre moitié de sa légende: Camarón de la Isla.


San Fernando, point d´union entre les deux maîtres

Par conséquent, le parcours à travers la Isla de León doit commencer en partant du vestibule dans lequel José Monge Cruz a fait ses premiers pas avant de croiser Paco de Lucía et former l´un des plus grands duos du flamenco. C´est cela, il faut donc se situer dans la ruelle du Carmen, espace au sein duquel Camarón a formé puis réduit ses envies de devenir torero. Et dans ce cheminement, il est logique de poursuivre la visite en accédant à la vieille forge de son frère Manuel, actuellement fermée mais avec possibilité de la visiter, dans la cour de laquelle a eu lieu cette fête mythique au cours de laquelle la mère du génie chantait la "pecaora" avec le jeu de guitare de Paco de Cepero et au compás (rythme) de son fils, qui fut filmée par les caméras de télévision qui ont conservé ce moment pour la postérité. Là-bas, il est possible de contempler les affiches des premiers spectacles de Camarón avec Paco, sa collection de chaussures, le lit où il dormait et, surtout, une enclume et un marteau qui furent la source de revenus de sa famille pendant de nombreuses années. Après une pause au "güichi" La Sacristía (voilà comment les îliens appellent les bistrots), où Camarón s´arrêtait tous les vendredi saint à l´aube pour voir sortir l´image de Jésus vêtu de violet, il faut partir vers un autre point stratégique de ce circuit: La Venta de Vargas. Juste sur la place située en face, se trouve une statue dédiée au chanteur qui nous donne un avant-goût de ce que nous pouvons trouver à l´intérieur du célèbre restaurant cañaílla. Camarón y a forgé ses premières années de chanteur en écoutant Caracol, son frère Manuel, le Niño de la Calzá et la propriétaire, María Picardo. De nombreuses photos sont conservées dans l´auberge, rappelant ces moments et de nombreux autres, auberge qui outre son service de restauration peut être considérée, sans aucune exagération comme un véritable musée de l´art flamenco. Il nous reste enfin à voir le mausolée du génie. Toujours fleuri comme si son décès ne remontait qu´à un jour ou deux, la tombe dans laquelle gît le chanteur s´élève, droite, au milieu du cimetière local, car le buste de Camarón fait encore plus ressortir, si cela est possible, la figure d´un artiste sans les apports duquel le jeu de guitare (lui aussi jouait de la guitare) de Paco de Lucía aurait peut-être suivi un autre chemin. On retrouve cette idée dans la bouche de tous ceux qui fréquentait la Peña Camarón de la Isla et la Tertulia (Réunion) Flamenca de la Isla, deux autres points de référence obligatoire au cours de notre voyage.


Jerez de la Frontera. Les premiers guitaristes

Et nous arrivons ainsi à bois de gaïac, l´un des berceaux du flamenco et, par conséquent, de la guitare jonda. Sont originaires de cette ville le maître Patiño, qui a structuré presque tous les jeux flamenco et qui est l´inventeur du sillet et Javier Molina, premier accompagnateur du maître de chant Antonio Chacón. Mais il ne reste actuellement d´eux qu´un timide souvenir dans les falsetas de Manuel Morao ou Parrilla ou Rafael del Águila. Tous deux ont une cohorte d´adeptes dans la région, ce qui a donné lieu à la création d´une école clairement identifiable. Les frères de Morao, Antonio et Juan, ont suivi son jeu sur le bout des doigts, dont ils ont transmis l´inspiration à quelques uns des guitaristes piliers de l´actualité: Moraíto Chico, fils de Juan et magnifique accompagnateur, ou le virtuose Gerardo Núñez, à la tête de l´avant-garde. Pour sa part, Manuel Parrilla a laissé son héritage de joueur de guitare flamenca dans les mains de ses propres neveux, fils de son frère Juan. Manuel est guitariste, Bernardo violoniste et Juan flûtiste. Rien que ça. Mais, où faut-il aller à Jerez pour avoir conscience de tout cela? L´un des lieux les plus intéressants est sans doute el Arco de Santiago, un bar fréquenté par tous ces maîtres au sein duquel la guitare, tout comme le chant, sont des thèmes de conversation permanents, la Taberna Flamenco, fréquentée par El Torta et les Mijita, et El Lagar del Tío Parrilla. Cependant, il faut également signaler les écoles d´un classique, José Luis Balao et Fernando Moreno, qui ont en outre un magasin de guitare où se réunissent de nombreux amateurs de la bajañí pour former des réunions autour des six cordes. Et la nuit, la théorie laisse place à la pratique. "Manuel Morao y Gitanos de Jerez" met en scène, sur demande, un spectacle dans lequel les influences du maître de la guitare apparaissent au-delà du reste des idées dans n´importe quelle peña (cercle) de Santiago ou San Miguel, ainsi que dans l´une des célèbres bodegas de la région, lorsque les étals sont passés à une meilleure vie. Il ne faut pas oublier non plus la visite du Centre Andalou de Flamenco, dans le Palais de Pemartín, et de la Chaire de Flamencologie, deux références incontournables pour l´étude de la guitare grâce à la grande richesse documentaire hébergée par ses archives.


Sanlúcar de Barrameda et la Tauromagia (Félix el Potajón)

Les vieilles fabriques de pain de Morón de la Frontera, corps de métier au sein duquel se forma toute l´école de guitare de l´embouchure du Guadalquivir, qui sont l´endroit où termine ce chemin du chant à travers les essences du jeu jondo, ont suivi le même sort que les étals. Isidro Sanlúcar, père du maître Manolo, du grand producteur et joueur de guitare Isidro et de José Miguel Évora, fut la source dont ont jailli les eaux de l´école de Sanlúcar. Et il convient donc de commencer à marcher depuis sa vieille boulangerie du quartier Alto pour connaître les secrets de son art. Héritier des écoles de Ricardo, Montoya, Melchor de Marchena et Sabicas, Manolo Sanlúcar est, actuellement l´un des sommets du triangle magique du jeu aux c´tés de l´illustre Paco de Lucía et Víctor Monge Serranito. Voilà pourquoi sa ville lui rend hommage avec un monument qui fait ressortir sa transcendance artistique, car il ne faut pas oublier que d´autres piliers du flamenco sont également originaires de Sanlúcar, tels que Tío José el Granaíno, Las Mirris, Félix el Potajón ou la Sayago, pour citer quelques exemples. Il également important de visiter le Conservatoire, car Manolo Sanlúcar a mis en lui ses cinq sens pour tenter d´introduire la guitare flamenca en tant que discipline d´étude et ses influences y sont très palpables. Et le circuit doit se terminer où ce genre est le plus apprécié, au sein des peñas. La Puerto Lucero de Sanlúcar est un bon objectif pour cette course car il s´agit d´un autre pseudo musée du jeu des Muñoz Alcón. C´est un exemple, simple mais effectif qui nous prouve que ce qui est bon reste. Sanlúcar est un havre de paix et de bon goût qu´il faut visiter et savourer en prenant son temps aux alentours du Parc Naturel de Doñana, en dégustant des fruits de mer à Bajo de Guía..., tout comme il est important pour les amateurs de guitare de participer aux cours de flamenco de Manolo Sanlúcar et Gerardo Núñez pendant l´été.Et d´Algésiras à Sanlúcar, est tracée une ligne maîtresse qu´il faut suivre car si l´on souhaite connaître les vérités de la bajañí et de ses liens les plus directs au cours de ces cinquante dernières années. La sonanta donne le coup de semonce. L´art obéit à ses directives. Voilà le mode de fonctionnement de cette histoire, comme n´importe quelle autre.


Morón de la Frontera

Même si le village du coq et de la chaux ne se trouve pas sur le plan géographique sur la ligne côtière que structure ce circuit, son importance dans l´histoire de la guitare est si fondamentale qu´il est impensable de ne pas faire un saut dans la campagne sévillane. Une brève promenade sur les lieux démontrera pourquoi Morón est une enclave du jeu de guitare par excellence. Son histoire centrée assise autour d´un château de création romaine nous situe face à un village ayant de fortes racines andalouses, ce qui explique l´intérêt dont a toujours fait l´objet le flamenco sur ces terres mésopotamiennes situées entre le Guadaíra et le Guadalete. Selon les dires de l´anthropologue Fernando González-Caballos, dans "Guitares de chaux", un étude sur le jeu de Morón se basant sur la rigueur et le caractère scientifique, pour étudier l´école de guitare de Morón, il faut remonter jusqu´à Paco el de Lucena. Il est à l´origine de la conception de ce que l´on appelle le jeu "a cuerda pelá" (corde à vide), dans lequel prédominent les picados a pulgar (rapides séries de coup de pouce) et l´harmonie modale classique du système musical andalou. Ses différents élèves reprirent cette formule de jeu de guitare et l´amenèrent entre les mains du Niño de Morón qui, à son tour, la transmit à Pepe Naranjo, maître de Diego del Gastor. Le grand standard de la sonanta à Morón est né dans la village de Arriate de la province de Málaga, mais il s´est très vite établi dans le village de la chaux. Là-bas, il entra en contact avec les américains de la base militaire en perfectionnant son jeu avec les apports saxons, surtout de la part du spécialiste Donn E. Pohren, qui avait une propriété aux alentours de la ville où il organisait continuellement des fêtes. La Fernanda et la Bernarda de Utrera fréquentèrent de façon assidue l´ambiance de Morón, la Peña Los Llorones fut fondée, Joselero de Morón -qui était en réalité originaire de la Puebla mais qui s´était marié avec une soer de Diego del Gastor- s´éleva comme grand chanteur local, et la fièvre du flamenco à l´ombre du coq devint définitivement effective. L´école de Diego prit de l´ampleur avec ses neveux Dieguito de Morón, Paco et Juan del Gastor. D´autres adeptes apparurent, tels que El Leri. Et même ces derniers temps, une révolution a pris forme avec le jeu de Daniel Méndez, un ancien élève de l´école Gastor, qui décida de poursuivre ses études et qui est devenu l´un des guitaristes les plus modernes du moment, ce que beaucoup ont du mal à accepter dans le village même si le niveau de ce jeune est infiniment supérieur à celui à celui du reste des joueurs de guitare de la région. Il faut néanmoins également citer la louable tâche de Paco del Gastor, qui possède une académie dans la Maison de la Culture, dans laquelle sont offertes des auditions en public pour la recherche de nouvelles valeurs du jeu Gastor. Il faut également citer les apports de la danseuse Juana Amaya et du chanteur el Andorrano, figures piliers du Gazpacho, un festival qui a lieu chaque été. On peut admirer tout cela et bien davantage dans la taverne Los Alemanes, où est conservée une multitude de photos de Diego dans ses moments algides, car c´était dans ce local qu´avaient lieu le plus fréquemment les fêtes. Avec un morceau de poulet frit à la main, il est possible de voyager vers le passé, un temps au cours duquel les grosses cloches sonnaient par alzapúas (coups de pouce). Quel délire!